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CAprès avoir eu pendant longtemps
une perception « fixiste » du monde vivant, l’humanité
a aujourd’hui une perception quelquefois tout aussi fixiste
de notre Planète elle-même. Bien que le grand public
soit de mieux en mieux documenté sur certaines perturbations,
dues par exemple aux mouvements des plaques continentales, aux glaciations
et même à la fameuse météorite de Chicxulub,
il mesure mal à quel point la Terre a été constamment
affectée par de profonds
changements.
Depuis quelques 3 milliards et demi d’années, l’évolution
des êtres vivants a été en fait confrontée
à un milieu sans cesse modifié, soit par des événements
soudains soit par des changements à plus long terme. Vu en
accéléré, le milieu planétaire ressemblerait
certainement à un bouillonnement… Paradoxalement, ces
fluctuations de l’environnement n’ont pas eu un impact
négatif sur « la vie ». S’il est vrai qu’à
plusieurs reprises, de très nombreuses espèces, incapables
de s’adapter suffisamment vite, ont disparu, il est tout aussi
vrai que ces disparitions ont favorisé l’évolution
de formes nouvelles : l’exemple classique est la diversification
des mammifères qui a suivi l’extinction des dinosaures
il y a 65 millions d’années. Pour autant, face aux
relations actuelles particulièrement difficiles, voire dramatiques,
entre l’homme et la nature, il ne faut pas se tromper d’échelle
: la reconstitution d’un monde vivant nouveau prend des millions
d’années et ne redonne jamais la même chance
aux mêmes espèces. La myopie de notre civilisation
technologique face aux conséquences à venir d’une
exploitation incontrôlée des ressources disponibles
n’a jamais eu d’équivalent dans le passé.
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